Le photographe Edward Ranney parcours les lignes qui forment les géoglyphes de Nazca, ces traits qui peuvent atteindre plusieurs kilomètres tracés dans le désert du Pérou il y a 2000 ans qui dessinent des animaux ou des formes géométriques.Photographier les géoglyphes de Nazca. Via laboiteverte

Bill Brandt, Pilgram’s Way, Kent, 1950
Ile Saint-Louis, Paris, en 1950 : photographie de Kees Scherer
"Dans la lecture, tout comme dans le récit et le voyage, c’est en cheminant qu’on se souvient. La mémoire doit donc s’entendre comme un acte : on se souvient d’un texte en le lisant, d’un récit en le racontant et d’un voyage en le faisant. Pour résumer, un texte, un récit ou un voyage est un trajet qu’on accomplit et non un objet qu’on découvre. Et même si chaque trajet couvre le même terrain, chaque déplacement est unique."

— Tim Ingold, Une brève histoire des lignes, éd. Zones Sensibles (via abridurif)

Allégeance, René Char

Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n’est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l’aima ?

Il cherche son pareil dans le vœu des regards. L’espace qu’il parcourt est ma fidélité. Il dessine l’espoir et léger l’éconduit. Il est prépondérant sans qu’il y prenne part.

Je vis au fond de lui comme une épave heureuse. A son insu, ma solitude est son trésor. Dans le grand méridien où s’inscrit son essor, ma liberté le creuse.

Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n’est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l’aima et l’éclaire de loin pour qu’il ne tombe pas ?

"Trouver beau quelque chose, c’est avant tout, vraisemblablement, le trouver : paysage ou femme aimée, c’est d’abord là, qui regarde le trouveur flatté et semble n’avoir jamais attendu que lui seul."

— Robert Musil, L’Homme sans qualités (via abridurif)

♥ 25

Katrien de Blauwer